Assis au bord de la rivière, le temps ne passe plus, ou bien il passe, mais je n'en ai plus la sensation.
Je regarde le jour, la nuit, le jour...
Je sais qu'il ne s'est pas arrêté
je réagis à l'instinct, de plus en plus.
Je réagis de moins en moins.
Ca me plait comme ça.
Je regarde, je sens, j'y vais ou pas.
Je fais comme je peux, avec qui je suis.
Un jour félin, un autre rat, desfois rien, desfois tout.
C'est pas bien facile à suivre, même pour moi mais y'a rien à suivre finalement.
rien à faire, je fais les choses d'instinct, quand c'est le moment, quand je le sent, quand je peux, si je peux.
Et puis ça chemine, ça avance, ça recule, et puis c'est pas important quand ça recule, c'est que j'avais pas bien vu le paysage ou que j'ai trop cherché à comprendre...
voila, il n'y à plus de temps, plus d'impots, plus rien, juste le soufle du vent dans mes cheveux, le rayon de soleil dans mon oeil. Une bestiole qui passe, je vois le sacré.
Pas de religion, de la foi. Juste un mouvement, on est à la fois dedant, dehors, avant et après. Quand je suis pas trop lourd, je ne pèse rien, bien plus leger que la plume, pas besoin de courant pour voler, je ferme les yeux si je le désire, je vole, le pensées défilent, je les vois, elles ne s'arretent plus, elles deviennent legères, comme vaporeuses, elles deviennent agréables, comme une odeur d'encens ou d'huile essentielles. Je ne suis plus, je vois, je vis.
Je ne bouge plus, la méditation absolue, c'est rare. Et puis sinon, je vis, je suis la plupart du temps dans la réalité, je bouge, je me déplace, je vois, j'evite de juger, et d'agir.
Les choses s'enchainent, les evenements, les jours se suivent, sans ordre particulier.
Comme quand je tape ces quelques lignes, elles sortent, toutes seules, ça pourrait durer un an ou une minute, j'arrête si je suis fatigué, si 'jai envie de dormir, mais non, je vois ma vie, je l'écris, à la main ou sur un clavier, c'est aussi fluide, j'ai bien appris le clavier, j'aime aussi le geste du stylo, ce crépitement sur le papier, ces formes qu'on dessine et qui signifient quelque chose, d'universel, en plusieurs langues aussi, mais ce soir, c'est pour l'eternité, je reviens bientôt en spiritualité, j'aime tout comme si je l'avais choisi. Même les horreurs qui m'entourent sont logiques, la violence qui prend un sens, une logique, inévitable, une roue qui tourne, immuablement, et des montagnes de gens victimes, accrochés à cette roue qui va peut-être les ecraser, ne pas les voir tellement ils sont insignifiants pour la roue. Alors qu'ils ont rien d'autre à faire que la lacher, cette roue, mais ça fait peur de lacher, parce qu'on es tout seul quand on lache et que tout le reste du monde reste accroché. Mais j'ai laché, je lache, j'essaie, je tente et puis j'y arrive, et puis desfois je me raccroche parce que c'est bon de tourner avec le reste, ça parait plus facile, mais bon... je prefère lacher.
Et puis finalement, même seul, je suis plus jamais seul, ça c'est dur quelquefois mais c'est souvent très bon.
A ce monde qui tourne et que je regarde...
conscience, inconsciente